J’ai voulu faire de ce passage public un espace lumineux et coloré, donnant au piéton qui flane une évocation de foret en automne.  Lorsque le soleil oblique ses rayons, il éclaire plus aisément les troncs des arbres déjà dégarnis de leurs premières feuilles dorées, tel un court passage dans le temps que l’on aimerait fixer.  Cet espace vaste et couvert, traversé par un passage élevé comme un pont dans les arbres, se pretait au thème de la foret.  On passe d’un immeuble à l’autre comme on change de saison. La nuit, le passage est éclairé et éclairera la foret.  C’est lors d’une visite sur les lieux de chantier, que j’y ai découvert le jeu du soleil qui a déterminé les grandes lignes directrices de la fresque.  Lorsqu’à midi, celui-ci se pointe, il ponctue successivement les deux murs opposés de raies de lumière variables suivants les saisons.   L’architecture aidant, la géométrie des ombres s’est imposée.  Aussi, j’ai décidé de placer le rayon peint sur un des deux murs de manière à croiser le rayon réel du soleil : ainsi, il y aurait le rayon peint les jours gris, que le soleil pourrait venir contrarier suivant son humeur.

      Paul De Gobert